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…on cria haro sur le baudet

Posted in Books, epizootics, FMD, Foot and mouth, France, Justice, La Fontaine, Language, translation by Deputy city editor on October 2, 2007

Gustave Doré : Les Animaux malades de la peste

I have been rude elsewhere to Charles Timoney who has written a reasonable book about French that is amusing even if spotty. “Pardon my French” is good at interpreting various phrases but not always so good at getting to the bottom of them. He annoyed me with his entry on the word ‘haro’ which suggests to me that researches were shallow. (Does he have a copy of Le Petit Robert?) The celebrated usage is that of Jean de La Fontaine.

The word is also used by Baudelaire: Il est bon de hausser la voix et de crier haro sur la bêtise contemporaine. This is in Curiosités esthetiques, Salon de 1859.

So do not rely on Charles Timoney in this instance. However my researches led me back to the fable which was first introduced to me, of course, by my French mistress.

This is all as it happens amazingly topical on our island cursed as it is with animal plagues, and so I reproduce it gleefully below. An English translation is available here – also one in Italian!

This really is a remarkable fable and I would like to believe it is still taught to all French school children. It conveys the important lesson that life is very sad. The punishment of the innocent baudet, whose only crime was to have eaten grass, speaks of the exquisite cruelty of justice. Once again I reach for Gustave Doré (above), one of many who have illustrated this story but who really does pathos better than anyone.

Les Animaux malades de la Peste
Jean De La Fontaine (1621-1695)

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie;
Nul mets n’excitait leur envie,
Ni loups ni renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie;
Les tourterelles se fuyaient:
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: «Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L’état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait? Nulle offense;
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut: mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi:
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d’honneur;
Et quant au berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.»
Ainsi dit le renard; et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses:
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’âne vint à son tour, et dit: «J’ai souvenance
Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui! quel crime abominable!
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait: on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

The ‘haro’ of Baudelaire (much more forgettable) is here in full otherwise the pertinent bit is more of a complaint about market failure in the sale rooms:

Non, je ne suis pas injuste à ce point; mais il est bon de hausser la voix et de crier haro sur la bêtise contemporaine, quand, à la même époque où un ravissant tableau de Delacroix trouvait difficilement acheteur à mille francs, les figures imperceptibles de Meissonier se faisaient payer dix fois et vingt fois plus. Mais ces beaux temps sont passés; nous sommes tombés plus bas, et M. Meissonier, qui, malgré tous ses mérites, eut le malheur d’introduire et de populariser le goût du petit, est un véritable géant auprès des faiseurs de babioles actuels.

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